Pêcherie ou réservoir à poissons dite l'écluse, Anse de Ka (Saint-Cast-le-Guildo)
— Saint-Cast-le-Guildo (Côtes-d’Armor)
📝 Description
Réservoir Ce site patrimonial est un élément du patrimoine breton situé en milieu bâti isolé à Saint-Cast-le-Guildo. Son origine remonte aux périodes suivantes : 18e siècle ; 19e siècle, 1700, 1899. Historique : La pêcherie de l'anse de Ka, entre la plage des Callots (sous la pointe est de la Garde) et la plage de Pen-guen représente le dernier vestige d'une pêcherie en pierre sur l'estran de Saint-Cast. Elle est formée de deux sillons de rochers, longs de 50 m, enfoncés dans le sol sablo-vaseux, dont la pointe est orientée vers le large (nord-est). Cette forme de barrage en équerre permet d'encercler les poissons pris au piège du jusant, dans un bassin intérieur, aujourd'hui disparu, par l'ensablement. Cette pêcherie avait d'ailleurs disparu ces dernières décennies, avant que la tempête de 1987, avec de forts vents de suroît, ne la redécouvre, sous la vase. Les pêcheries étaient nombreuses dans les baies sous l'Ancien Régime. Elles dépendaient du seigneur de Matignon, pour celles de Saint-Germain de la mer, Pléboulle, Plévenon, Pléhérel et Saint-Cast. Celles de Saint-Jacut dépendaient de l'abbaye et s'étendaient de l'Arguenon aux Ebihens jusque la baie de Lancieux. Les pêcheries du Duc de Penthièvre s'échelonnent d'Erquy à Langueux. Les premières pêcheries monastiques datent du 11e siècle. Au 14e siècle, 4 pêcheries en pierre, appelées écluses sont dénombrées dans la baie de l'Arguenon. Les pêcheries en bois, en fascines, constituées de branchages tressés autour de poteaux étaient certainement plus nombreuses, mais plus fragiles. Ces véritables viviers constituent une source d'approvisionnement en poisson frais pour les populations locales, qui géraient ses pêcheries, affermées auprès des propriétaires religieux ou seigneuriaux. Dans le cadre de son enquête sur les pêches côtières du Couesnon à l'Arguenon, entre juillet octobre 1726, l'inspecteur de la Marine, Le Masson du Parc, comptabilise plusieurs pêcheries en activité dans la baie de la Fresnaye et l'anse des Quatre-Vaux (7). Il dénombre aussi 15 pêcheurs dans la paroisse, dont 4 pêcheurs laboureurs, 2 parquiers, quelques tisserands pêcheurs. Au Guildo, il ne dénombre que 3 pêcheurs. Certaines pêcheries sont néanmoins abandonnées (AN-Série Marine C/5/20, folio S37-38). Les pêcheries jaguines sont beaucoup plus nombreuses dans la baie de l'Arguenon (27). En 1854, il n'en restait que 7 en copropriété avec les descendants des premiers constructeurs, mais aussi autant de parcs à huîtres. Il faut préciser que depuis l'édit de 1593 interdisant les barrages, susceptibles d'entraver la navigation et de nuire au frai et à la reproduction des poissons, des mesures coercitives seront prises pour détruire les pêcheries, sans sucés pour les faire complètement disparaître. En 1733, un arrêt ordonne la destruction de 16 pêcheries, parcs de pierre ou écluses, bouchots ou parcs de clayonnage entre Erquy et Saint-Cast. Sous le second Empire, la loi de 1852, appliquée en 1853 en Bretagne, va limiter le droit des pêcheurs à pied - sous la forme de nombreuses interdictions - et donner les moyens à la Marine de détruire les dernières pêcheries. En 1854, un navire de l'Etat, le garde-côtes "L'Eveil" va détruire les pêcheries encore en activité. 7 pêcheries sont dénombrées, dont 4 aux Quatre-Vaux, 3 à Lancieux. En 1878, puis en 1883, les élus de Saint-Cast réclament le rétablissement des pêcheries dans la baie de la Fresnaye, arguant de la concurrence des Jaguins, auprès desquels, les pêcheurs castins doivent acheter l'affarre (le chevlin), servant de bouëtte pour la pêche aux maquereaux, récoltée dans leurs pêcheries de l'Arguenon. Cette demande sera renouvelée les années suivantes jusqu'à obtenir satisfaction avec le soutien du Conseil général en 1885. Mais certaines obligations de balisage de la pêcherie reconstruite en baie de la Fresnaye ne seront pas respectées. Les tempêtes feront le reste. Les pêcheries entravent la navigation dans l'Arguenon, constate l'ingénieur des Ponts et Chaussées M. Pelaud, en 1878. La dernière pêcherie en bois exploitée par des Castins en baie de la Fresnaye en 1915 est encore visible plage de la Fosse : quelques pieux en bois. Sur le territoire de Saint-Cast, rétablies en 1848, les bouchots ou parcs de clayonnage sont envahies par les herbes marines et abandonnées à la fin du 19e siècle (port de la Marre, port des Quatre-Vaux). Ce site fait partie de l’inventaire du patrimoine breton. Voir le dossier complet