Église paroissiale Notre-Dame, place de l'Eglise (Le Folgoët)
— Le Folgoët (Finistère Nord)
📝 Description
église paroissiale Ce site patrimonial est un élément du patrimoine breton situé en milieu en village à Le Folgoët. Son origine remonte aux périodes suivantes : 2e moitié 14e siècle ; 2e quart 15e siècle, 1350, 1449. Historique : Le nom breton du Folgoët, en français “ le fou du bois ”, vient d’un simple d’esprit nommé Salaün, qui vivait là au XIIIe siècle près d’une fontaine et bénissait à longueur de journée la Vierge. Selon Albert Le Grand, la fondation de cet important sanctuaire marial remonterait à 1365, aussitôt après la victoire de Jean IV de Montfort sur Charles de Blois à Auray.Si l’on admet cette version, les premiers travaux durent se poursuivre jusque vers 1380 mais furent interrompus par la guerre. Le même auteur rapporte que l’église “ parfaite ” fut dédiée en 1419 par Alain de La Rue, évêque de Léon, peu avant que ce dernier ne devienne évêque de Tréguier. Cette mention est à interpréter avec prudence et peut signifier que l’édifice loin d’être achevé, en tout cas dans sa forme actuelle, était suffisamment avancé pour être en partie livré au culte. L’église est ensuite consacrée en 1423, en présence de Jean V, qui l’érige en collégiale et y vient à cinq reprises entre 1420 et 1434. Cette promotion est suivie en 1426 d’un mandement ducal qui ajoute aux quatre chapelains déjà prévus, un doyen, trois choristes et un secretain*. En 1427, le pape Martin V concède à Notre-Dame du Folgoët le titre de basilique mineure, ce qui en fait la plus ancienne de Bretagne. Le succès du pèlerinage, la faveur ducale et l’afflux des dons entraînent rapidement un changement de parti, qui modifie complètement la forme de toute la partie orientale de l’édifice. C’est sans doute à cette époque, vers 1430-1440, que s’imposent la formule de chapelle en demi-croix vers le sud, la construction du grand porche qui lui est associé et celle de la sacristie et de la “ chambre du trésor ” au-dessus. Le chantier se poursuit au milieu du XVe siècle par l’érection du jubé, qui porte à son revers les armes de l’évêque Guillaume Le Ferron (1440-1472), celle de la clôture de chœur, et la mise en place de quatre somptueux autels, l’ensemble réalisé en kersantite*. Un calvaire est édifié devant l’entrée sud de la basilique par le cardinal Alain de Coëtivy (1407-1474), qui joua un rôle de premier plan dans les relations entre la Bretagne et Rome et se fit représenter en donateur au pied de la croix.Grâce aux dons d’Anne de Bretagne, qui fit trois fois le pèlerinage entre 1499 et 1505, la flèche de la tour nord est construite vers 1505, sur le modèle de Quimper, tandis qu’au sud de la collégiale est édifié un important manoir canonial appelé le Doyenné, associé à une hôtellerie pour les pèlerins.La tour sud, restée inachevée, est coiffée au XVIIe siècle d’un étage à fortes colonnes ioniques. En 1708, un grave incendie ravage la nef dont on dit que les “ voûtes ” s’effondrent : ce terme, employé jadis aussi bien pour les voûtes de pierre que pour les couvrements en bois, désigne sans doute ici un lambris. Avant le sinistre, la toiture de l’église comportait trois sections : un toit pour la nef et un pour chacun des bas-côtés, comme on peut encore le voir à Locronan. L’ensemble de la couverture fut refait en 1716 avec un toit à deux versants et un système de lambris simple, en berceau pour le vaisseau central, en demi-berceau pour les bas-côtés, disposition relevée par le marquis de Coëtlogon en 1852.Vendu à la Révolution au titre des biens nationaux, l’édifice, menacé de démolition en 1808, est racheté par des habitants des environs qui le rétrocèdent gracieusement à la paroisse de Gicquelleau. Les mesures gouvernementales concernant l’enlèvement des marques de féodalité avaient causé d’importants dégâts : toutes les niches extérieures ornées d’emblèmes héraldiques avaient été bûchées et tous les vitraux comportant des armoiries détruits. Quant à la statuaire ornant les multiples niches des murs ouest et sud, elle fut dispersée puis remise en place dans un ordre incertain au XIXe siècle. Au cours de la première moitié du siècle, un violent orage aurait entrainé l’effondrement du porche ouest dont les débris sont aujourd’hui conservés dans le bâtiment du Doyenné. À partir de 1895, l’édifice, en piteux état, fait l’objet d’une importante restauration qui concerne l’ensemble des couronnements, la partie supérieure du porche sud et le réseau de la grande baie du pignon de la chapelle au sud du chœur. À cette occasion, des voûtes sont restituées sur la nef et les collatéraux à partir des tas-de-charge laissés par un premier projet de voûtement du XVe siècle, non réalisé si l’on en croit le changement de parti que montre le couvrement du choeur. Ce site fait partie de l’inventaire du patrimoine breton. Voir le dossier complet