Bunker dit Tobruk-Stand pour tourelle de char français de type R35 (Lo 6), Merrien (Moëlan-sur-Mer)
— Moëlan-sur-Mer (Finistère Sud)
📝 Description
Blockhaus ; abri ; poste d'observation Ce site patrimonial est un élément du patrimoine breton situé en milieu isolé à Moëlan-sur-Mer. Son origine remonte aux périodes suivantes : 2e quart 20e siècle, 1925, 1949. Historique : Le bunker dit TobrukCe bunker surmonté d’une tourelle de char français a été construit fin 1942, début 1943 sous maîtrise d’ouvrage de l’Organisation Todt. Classé comme construction de campagne renforcée en béton (verstärkt feldmässiger Ausbau in Beton, en abrégé "VF"), son plan s’approche d’un type 25 (Fundament für Französisch Panzerkampfwagenturm). Il est conçu pour un équipage de deux soldats : le premier faisant fonctionner les armes de la tourelle : canon jumelé à une mitrailleuse, le second affecté à l’approvisionnement en munition.Le bunker appartient à l’ensemble fortifié de Kersecol à Moëlan, dont l’objectif est la défense de la rivière de Merrien et de son port. Plus largement, cet ensemble fortifié numéroté "Lo 6" est lié à la défense de la ville-arsenal de Lorient érigée en 1944 au rang de forteresse (Festung) et qui s’étend sur le littoral, de l’embouchure de la rivière de Bélon à l’ouest à la rivière d’Etel à l’est.Cet ensemble fortifié se compose d’un bunker-abri de type 600 avec cuve pour canon de 5 cm (construction permanente, Ständig Ausbau, abrégé en "St" ; équipage de 6 soldats), de deux bunkers - postes d’observation et de tir de type 58c dits Tobruk-Stände, d’un poste d’observation et de tir pour mitrailleuse, d’un poste d’observation, d’un puits protégé, d’un bassin à ciel ouvert et de baraques servant de logement. Du côté de la terre, la défense est complétée par des champs de mines.De l’autre côté de la rivière se trouve un corps de garde avec guérite datable du 18 siècle.Une tourelle de char françaisConçue par l’atelier de construction de Puteaux, la tourelle a été fabriquée en 1937 à Rueil (voir la description du marquage). Ce type de tourelle monoplace est destiné aux chars légers Renault R35 ou Hotchkiss H35. La tourelle est armée d'un canon de 37 mm (modèle 1918, puis 1938) et d'une mitrailleuse MAC de 7,5 mm (modèle 1931).Un marquage peint à l’arrière de la tourelle : as de cœur de couleur rouge sur fond blanc, visible lors de sa découverte en 1993, atteste que la tourelle était vraisemblablement montée sur un char Hotchkiss H35 appartenant au 38e bataillon de chars de combat (3e compagnie, 2e section) en 1940.Saisie, puis remployée par l’Allemagne nazie dans le Mur de l’Atlantique, cette tourelle désignée "Panzerkampfwagen 35R 731 (f)" est ici implantée en position de char (Panzerstellung). Son canon de 37 mm est désigné par l’occupant "3,7 KwK 144 (f)" ; sa mitrailleuse désignée "Mg 311 (f)". Une tourelle portant de nombreux impactsLa tourelle a été touchée par sept ou huit projectiles antichars, soit pendant la Libération - Moëlan est libéré le 5 août 1944 - soit durant la Poche de Lorient (12 août 1944 - 8 mai 1945) où elle aurait servi de cible d'entrainement aux américains. Suite aux tirs, la tourelle a basculé en arrière dans la tranchée d’accès du bunker. La découverte et la valorisation de la tourelle de char sur son TobrukLa tourelle, son tourelleau et d’autres éléments sont redécouverts en 1993 dans la tranchée d’accès du bunker par Gil Van Meeuwen. Le 16 mars 1993, c’est avec l’accord de la mairie de Moëlan-sur-Mer que la tourelle a été relevée et repositionnée sur le bunker à l’aide d’un tire-fort par une équipe composée de Patrick Andersen Bo, de Gil Van Meeuwen et des services techniques de Moëlan-sur-Mer. Ce site fait partie de l’inventaire du patrimoine breton. Voir le dossier complet